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Avec l’oiseau de l’océan, Jean-Luc et sa fille partent en mer tous les jours pour pêcher des fruits de mer !

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Avec l’oiseau de l’océan, Jean-Luc et sa fille partent en mer tous les jours pour pêcher des fruits de mer !

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Ajouté le 11 août 2023

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St Malo

Camille Saussereau a rejoint récemment son père, Jean-Luc, patron pêcheur. Ensemble, ils sortent en mer tous les jours. Il nous explique les particularités de son métier et comment, en famille, s’organise leur activité de pêche artisanale.

Bonjour Camille, vous avez 27 ans, vous êtes né dans une famille de pêcheurs, mais avez-vous toujours voulu être pêcheur ?

Non, j’ai commencé par vouloir faire autre chose et j’ai suivi une formation de menuisier. J’ai passé mon BTS en construction navale puis une licence professionnelle Conception et fabrication de structures en matériaux composites. Je me suis donc plutôt spécialisé dans la construction pour les bateaux de course, pas dans les chalutiers ! Mais au moment d’entrer sur le marché du travail, j’ai réalisé que quand mon père allait prendre sa retraite, l’héritage et le savoir-faire familial allaient disparaître. Notre spécialité familiale c’est la pêche de la coquille Saint Jacques et des crustacés (homards, araignées, tourteaux, crabes, praires, bulots…). Notre famille pêche et vend ses produits depuis plus de 13 ans sur le marché de Granville. C’est vraiment un travail d’équipe : ma mère, Sonia, gère la partie comptable et administrative et ma sœur, Margot, est à la vente. Ça n’a pas été difficile de décider de rejoindre mon père car j’adore être sur l’eau. Pour compléter notre équipage nous avons aussi un matelot à bord, Damien.

Après l’équipage, parlez-nous des deux principaux acteurs de votre aventure familiale : vos 2 bateaux. Quelles sont leurs particularités et leurs équipements ?

L’oiseau de l’Océan est un petit chalutier “coquillier” d’une dizaine de mètres, il est  équipé de dragues. Ces engins sont traînés au fond et permettent de ramasser les coquillages, comme les praires et surtout les coquilles Saint-Jacques. Selon les gisements ou zones, on utilise des dragues “bâtons” dites anglaises ou des dragues “franches” dites bretonnes. Ces dernières ressemblent plus à des petites charrues avec des dents de 13 cm qui permettent de “lever” les coquilles du fond, elles ne permettent de pêcher que 45 mn, on les utilise sur Saint-Brieuc par exemple. Cela dépend des secteurs mais on peut remonter entre 50 et 300 kg en quelques heures…

La Chucherolle est un plus petit bateau, de type caseyeur, qui permet de remonter les casiers utilisés pour la pêche de crustacés comme le homard, les crabes ou l’araignée de mer. Son nom est le surnom granvillais du bulot, un coquillage emblématique de la Manche ! Ils sont tous les deux amarrés au port de Solidor à Saint-Malo.

Crédit photo : L’oiseau de l’Océan

Comment s’organise votre activité de pêche sur l’année ? Est-ce en fonction de la saisonnalité des produits, de la demande, du matériel…?

C’est tout simple : nous avons des licences pour la coquille, du 3 octobre au 15 mai, pour les praires du 13 septembre au 1er mai et pour les crustacés, toute l’année sauf pendant les fermetures temporaires. On privilégie donc la coquille et la praire l’hiver, avec l’Oiseau de l’Océan, et on ne pêche les homards et les crabes avec la Chucherolle qu’à partir du printemps, prenant le relai quand la pêche de la coquille n’est plus ouverte.

Crédit photo : L’oiseau de l’Océan
Crédit photo : L’oiseau de l’Océan
Crédit photo : L’oiseau de l’Océan

Tout est très réglementé dans notre activité : les zones, les jours, les heures de pêche sont définies, il faut obtenir des licences très précises pour sortir en mer. Le nombre et le calibre des prises, le type de matériel autorisé sont aussi réglementés : on doit optimiser chaque sortie entre Baie de Saint Brieuc et Baie de Saint Malo avec ces deux types de dragues. Ces réglementations ont pour but de préserver la ressource mais peuvent être contraignantes.

On travaille tous les jours de l’année et pour valoriser notre pêche, on est obligé d’avoir aussi plusieurs casquettes, par exemple je m’occupe de la vente directe en ligne et de créer un site Internet.

Un site Internet ! Vous faites de la vente en ligne ou uniquement du ‘click-and-collect’ ? Comment et où trouver vos produits ?

Notre famille a un étal depuis 2008 sur le marché de Granville, chaque samedi matin nous proposons la vente directe de notre pêche artisanale (coquilles, praires, homards, araignées, moussettes, tourteaux, bulots). Nous présentons directement nos produits locaux, l’hyper fraîcheur est garantie. Les produits de la pêche du jour, sont conditionnés directement à bord du bateau et livrés le soir-même, ou le lendemain matin au plus tard, ou disponibles directement au retour de pêche du bateau au Port Tour Solidor à Saint-Malo.

Grâce à un lien direct avec les consommateurs on réduit la manutention délicate des produits, les temps de trajet, les étapes et les intermédiaires. A travers les réseaux sociaux, il est possible de passer commande, de réserver et de se faire livrer ou de venir chercher ses produits au Mont-Dol. Un mail ou un commentaire via Facebook ou Messenger le matin et le soir, et vous dégustez votre homard ou vos coquilles : directement de l’eau à l’assiette !

Crédit photo : L’oiseau de l’Océan

Je poste une photo chaque jour sur notre page facebook, c’est une autre de mes casquettes de m’occuper de cela ainsi que du site Internet qui est en cours de construction. On envisage de faire un peu d’expédition aussi, on peut en effet expédier des produits ultra-frais, sous vide ou réfrigérés avec une poche à froid, dans un conditionnement en polystyrène adapté. Même avec les frais d’expédition cela peut permettre à certains particuliers qui vivent loin de la mer de consommer des fruits de mer garantis pêchés dans les 48h à un coût abordable.

On doit trouver de nouveaux moyens pour faire découvrir directement les produits de notre pêche quotidienne à de nouveaux amateurs !

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